Karen Soussan : la vision d’avenir d’une présidente

Karen Soussan est la présidente de la Campagne Sépharade 2012 (Photo: Vadim Daniel)

Karen Soussan, qui exerce la profession d’avocate, est mère de deux enfants. Elle est la présidente en exercice de la Campagne Sépharade 2012. Bénévole depuis 10 ans elle représente cette nouvelle génération de professionnels sépharades qui ont à cœur l’avenir de la communauté, un avenir intimement lié, selon elle, à la qualité de la relève communautaire. Elle a bien voulu répondre à quelques questions pour Tikun Olam.

Tikun Olam - Quel a été le motif principal de votre engagement au sein de la communauté?

Karen Soussan - C’était il y a 10 ans lorsque j’avais participé à une mission organisée parla Fédération CJA en Israël qui vivait à cette période des moments très difficiles lors de la deuxième Intifada. J’ai pu constater sur place, le lien indéfectible qui existe entre notre communauté juive montréalaise et l’État d’Israël à travers son peuple. De plus, j’ai témoigné de première main tout le soutien financier que la Fédération CJA apporte en Israël.  Après une expérience comme celle-là on se sent extrêmement motivé de s’engager pour notre communauté.

T.O. - Une relève communautaire axée autour d’un jeune et vibrant leadership constitue l’un des éléments essentiels de la continuité juive. Comment procéder, d’après vous pour attirer plus de jeunes afin qu’ils s’engagent communautairement?

K.S. – Je peux vous assurer, d’après mon expérience personnelle, que nos jeunes ici, sont beaucoup plus engagés que l’on ne le pense. Ceci dit, il faut également les sensibiliser aux problématiques communautaires et les impliquer ensuite dans des projets motivants. Un des plus beaux exemples c’est Le Café. En participant comme bénévoles à Le Café, nous témoignons non seulement des besoins de notre communauté juive à Montréal, mais nous attestons aussi la différence que nous pouvons faire dans la vie des plus vulnérables de notre communauté. Une expérience comme celle-ci nous motive à en faire plus, à nous impliquer et à impliquer d’autres dans cette mission indispensable d’être toujours présents l’un pour l’autre.

Nous réalisons à quel point nous avons le pouvoir de toucher la vie d’un juif dans le besoin, d’effectuer de véritables changements dans la vie des plus vulnérables de notre communauté, de donner à nos aînés la sécurité et l’opportunité de vivre avec dignité, de renforcer l’identité juive chez nos jeunes et de sécuriser une communauté juive à Montréal forte et dynamique.

Je pense qu’une des façons d’attirer plus de jeunes c’est de les impliquer individuellement, à travers des amis, des collègues de travail, des connaissances, lors d’événements, etc. Pour vous donner un exemple, lors de cette campagne, il y a eu l’initiative d’aller chercher de nouveaux dons. J’ai alors expliqué à des professionnels de ma génération et de la génération plus jeune de prendre le temps de contacter leurs collègues, leurs « réseaux » d’amis, leurs connaissances, d’autres professionnels comme eux, de les sensibiliser aux besoins de notre communauté et de les impliquer, en les invitant a venir à des événements avec eux, en les mettant avec eux dans des comités, en les faisant participer à des missions des différentes agences de la Fédération afin qu’ils observent les besoins de notre communauté et tout le travail indispensable de la  Fédération CJA.

Car il ne faut pas oublier qu’engager la prochaine génération comporte deux volets, celui de les encourager à donner a la campagne annuelle de l’Appel Juif Unifié et celui de donner de leur temps en tant que bénévole.

Mais on a également besoin de continuer de mettre en place des programmes de formation de leadership et de les adapter aux réalités que nous vivons.

T.O. - Pouvez citer quelques programmes qui vont dans ce sens?

K.S. - Ayant fait partie de ce programme, je pense que le programme du développement du leadership de YAD Montréal, mis en place par la Fédération CJA peut être cité comme un très bel exemple dans ce domaine avec toute une panoplie d’activités à longueur d’année; la Chambre de Commerce juive également et bien entendu Gen J qui vise au renforcement de l’identité juive auprès de nos jeunes. Il y a également les conférences, les diverses missions comme celle que nous préparons avec nos jeunes, en Éthiopie et en Israël. Je pense sincèrement que le partage des émotions, le fait de se faire de nouveaux amis et surtout de vivre des expériences uniques créent un solide ciment au sein du groupe qui va servir de moteur à l’engagement futur de ces jeunes au sein de notre communauté.

T.O. - Votre engagement au sein de la Campagne, vous a-t-il permis de mieux saisir l’importance pour d’autres jeunes professionnels de s’engager?

K.S. - C’est évident. Cependant je pense que nous avons encore beaucoup de travail à faire, mais il faut procéder par étapes, il faut faire comprendre à nos jeunes professionnels qu’il faut aborder la question du bénévolat comme une nécessité ainsi qu’un privilège, celui de pouvoir faire la différence dans la vie de nos plus démunis. De plus, le bénévolat nous donne l’opportunité de créer des amitiés et des connexions qui vont rester. Malgré les nombreux défis auxquels fait face notre communauté, par exemple le vieillissement de la population et les changements démographiques avec les conséquences qui s’ensuivent, je reste persuadée que nos jeunes  sauront les relever de manière efficace et responsable. Ces jeunes, j’en suis convaincue, nous allons les retrouver bientôt de manière dynamique au sein des divers comités de travail de notre communauté. Ce sont eux après tout qui détiennent les clés de l’avenir. Je sais pertinemment, moi qui suis optimiste, qu’en ce qui me concerne je ne vais pas m’arrêter dans mon parcours communautaire et que je passerai le message à mes enfants, car après tout, ce sont eux la relève de demain.

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