Rencontre avec des mentors : encourager et appuyer des jeunes dans leur cheminement scolaire

Initiatives de l’agence Ometz, les programmes Maximiser le potentiel de la jeunesse (MPJ) et MPJ — Volet junior ont été conçus pour appuyer les enfants, les adolescents et les jeunes adultes dans leur cheminement scolaire. Cependant, leur principal objectif est de briser le cycle de la pauvreté. Ainsi, en encourageant et en soutenant ces membres de familles à haut risque, on s’assure qu’ils poursuivent des études postsecondaires.

Le programme reçoit un incroyable appui sous forme de tutorat et de mentorat de plusieurs membres de notre communauté. Les bénévoles, Lara Feldman et Zoe Polsky ont accepté de partager leurs expériences respectives avec l’équipe du Tikun Olam.

Le mentorat et le tutorat selon Lara Feldman

Lara Feldman

Lara Feldman étudie en psychologie à l’Université McGill. Son amour des enfants l’a convaincue de devenir tutrice, puis mentore pour le programme parascolaire Maximiser le potentiel de la jeunesse (MPJ) de l’agence Ometz.

[Tikun Olam] Quel a été votre premier engagement auprès de Ometz? Pouvez-vous nous donner un aperçu du travail communautaire que vous avez effectué ces dernières années?

[Lara Feldman] Il y a environ un an, j’ai pris la décision de devenir active au sein de la communauté juive, mais je ne savais pas ce que je pouvais faire ni même quels programmes étaient offerts. J’ai découvert le site Web de Ometz et j’ai été impressionnée par la diversité des programmes qui y figuraient.

J’ai commencé par le programme de mentorat, qui été pour moi incroyablement gratifiant et qui m’a beaucoup appris sur le fait de servir de modèle à quelqu’un d’autre. J’y ai participé toute l’année passée. Cette année, j’ai préféré devenir tutrice pour le programme Maximiser le potentiel de la jeunesse.

[T.O.] Je comprends que vous avez été mentore et tutrice. Comment comparez-vous ces deux rôles?

[L.F.] Ces deux rôles se ressemblent à plusieurs égards et ils se chevauchent parfois. Le programme de tutorat est unique, parce qu’au lieu d’enseigner aux enfants la façon de résoudre un problème, nous leur faisons découvrir les outils dont ils ont besoin pour trouver eux-mêmes la solution. Toutes les séances de tutorat sont centrées sur les besoins individuels de l’élève au lieu d’être axées sur une matière en particulier. Nous tentons de personnaliser la rencontre le plus possible. La plus grande différence entre le mentorat et le tutorat? En tant que tutrice, j’oriente ma relation avec l’étudiant autour des techniques requises pour remédier à des problèmes scolaires tandis qu’en tant que mentore, j’aide des jeunes à affronter des difficultés quotidiennes.

[T.O.] Comment décririez-vous la relation, le lien, que vous bâtissez avec l’enfant que vous accompagnez en tant que mentore?

[L.F.] Ma relation avec ma « mentorée » s’est développée beaucoup plus vite que je l’avais prévu. J’ai été jumelée à une jeune fille incroyable qui partageait plusieurs de mes champs d’intérêt. Nous avons eu beaucoup de plaisir à faire des activités que nous aimions tous les deux, comme des projets d’art et du patinage. Nous adorions aller manger de la pizza aux champignons tout en discutant de nos vies respectives. Nous avons tiré toutes les deux beaucoup de leçons de notre relation. J’attendais avec impatience le dimanche après-midi pour passer du temps avec elle.

[T.O.] Qu’avez-vous appris de votre « mentorée »? Qu’avez-vous retiré de cette expérience?

[L.F.] J’ai appris l’importance que représentent les modèles dans la vie de chacun. J’étais constamment surprise par le fait que, quelques semaines plus tard, ma « mentorée » glissait dans la conversation des notions dont nous avions parlé et auxquelles elle avait longuement réfléchi. De tels moments m’ont permis de prendre conscience de l’impact que j’avais sur elle.

[T.O.] Quelles sont les qualités personnelles qui vous ont permis d’être une bonne mentore et tutrice?

[L.F.] Je pense qu’il est difficile de répondre à cette question, car il n’y a pas de recette fixe ni de qualités précises qui font d’une personne une meilleure mentore ou tutrice qu’une autre. Bien entendu, la patience et une bonne écoute sont assurément nécessaires, mais à mon avis, le facteur le plus important est d’être capable de bâtir une relation entre le mentor et le « mentoré » ou entre le tuteur et l’étudiant. Un tuteur ou un mentor qui a du succès, selon moi, est une personne qui crée un environnement au sein duquel le jeune se sent à l’aise et qui établit avec lui une relation de confiance. Cela permet à l’enfant d’être assez décontracté pour s’ouvrir et pour retirer le maximum de sa participation au programme. C’est ce que j’essaie de faire.

[T.O.] Même si elles sont probablement nombreuses, quelles ont été vos expériences les plus gratifiantes à ce jour?

[L.F.] Pour les tuteurs, l’expérience la plus gratifiante correspond au moment où vous voyez que les concepts commencent à être compris par l’étudiant. J’adore cette expression sur leur visage lorsque, tout d’un coup, un problème qui leur semblait incompréhensible cinq minutes auparavant devient clair.

Le mentorat est une expérience beaucoup plus complexe, et les récompenses qu’on en retire ont plus d’une facette. Comme je l’ai dit plus tôt, j’adorais aborder des sujets dont nous avions parlé auparavant. J’ai adoré apprendre à patiner en sa compagnie de ma « mentorée », car nous nous soutenions l’une l’autre pour éviter de tomber. Cette expérience nous a beaucoup aidées à bâtir notre relation. La liste pourrait continuer très longtemps…

[T.O.] Quels sont les problèmes que vous avez aidé à régler auprès de votre « mentorée »?

[L.F.] Des problèmes avec ses amies, des enseignants sévères, ses sœurs et ses frères qui l’énervaient. Des problèmes de fille!

[T.O.] Nombreux sont ceux qui croient que le mentorat s’adresse seulement aux jeunes à problème. De quelle façon pensez-vous que la valeur du mentorat va plus loin que ça?

[L.F.] C’est en effet un préjugé! Le mentor joue plutôt le rôle d’un grand frère ou d’une grande sœur, pas celui d’un psychologue ou d’un travailleur social. Je pense que toutes les jeunes filles peuvent profiter de l’exemple d’un modèle plus âgé. C’est la raison pour laquelle le mentorat existe. Les mentors confirment aux enfants que ce qu’ils vivent est normal, ils sont des personnes avec qui on peut avoir du plaisir et avec qui on peut parler comme avec des amis.

Le mentorat selon Zoe Polsky

Zoe Polsky

Originaire de Calgary, Zoe étudie l’anatomie et la kinésiologie à l’Université McGill. Elle s’est engagée au sein du programme de mentorat de Ometz en septembre dernier après en avoir entendu parler par une de ses amies sur le campus.

[Tikun Olam] Qu’est-ce qui vous a motivée à vous engager auprès de Ometz et du programme de mentorat?

[Zoe Polsky] Après avoir entendu parler du programme de mentorat par une amie, j’ai rencontré Janice Heft pour une entrevue. À ce moment-là, je n’étais pas certaine de ce à quoi je devais m’attendre. Mme Heft m’a posé des questions sur mes intérêts et sur les groupes d’âge avec lesquels je m’entendais le mieux. Ensuite, on m’a jumelé à une jeune fille de treize ans.

[T.O.] Que saviez-vous de la jeune fille à laquelle vous étiez jumelée?

[Z.P.] Je n’ai pas reçu beaucoup de renseignements à son sujet; par contre, je considère que de me lancer à l’aveuglette m’a permis d’aborder la relation sans idée préconçue. J’ai dû me faire ma propre opinion. La confiance s’est ainsi établie et j’ai pu cerner les divers aspects de sa vie où mes conseils lui seraient le plus utiles.

[T.O.] Je sais que vous étiez bénévole pour différents organismes à Calgary. Selon vous, en quoi le programme de Ometz est-il différent d’autres projets pour jeunes?

[Z.P.] La dynamique n’est pas du tout la même. Il est merveilleux de pouvoir créer des liens personnels avec la jeune dont vous êtes responsable et de la voir évoluer. Je trouve que ce genre de programme et que le mentorat individuel sont moins intimidants que les groupes de jeunes dans lesquels il faut trouver soi-même une personne qui nous servira de modèle. Ce type d’environnement n’est pas toujours favorable aux adolescents timides ou introvertis. Par conséquent, ces jeunes ne bénéficient pas toujours de l’environnement dont ils auraient besoin.

[T.O.] Pourriez-vous nous décrire l’évolution que vous avez remarquée chez votre « mentorée » depuis que vous avez commencé à l’accompagner?

[Z.P.] Elle s’est vraiment développée et a acquis beaucoup de maturité. Honnêtement, je ne pensais pas la voir grandir si vite, et c’est incroyable de voir toute la confiance en elle qu’elle a acquise.

[T.O.] Quels sont les obstacles que vous avez dû surmonter pour devenir une excellente mentore?

[Z.P.] Lorsque j’ai débuté, j’étais déterminée à cerner les problèmes de ma « mentorée » pour lui proposer des solutions. Avec le temps, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas nécessairement de source à ses problèmes ou de questions à régler. Ma « mentorée » avait seulement besoin d’un modèle féminin. En lui donnant du temps, j’ai pu la voir s’épanouir.

[T.O.] Quel est selon vous, le point fort du programme?

[Z.P.] Aussi cliché que cela puisse paraître, j’ai été absente pour l’été et je n’ai pas vu ma « mentorée » pendant deux mois. Quand je suis revenue, j’espérais qu’il n’y aurait pas de retour en arrière. Le moment où nous nous sommes revues a confirmé tout ce que j’avais besoin de savoir, c’est-à-dire que notre relation était importante. Que j’étais désormais un élément déterminant de sa vie, autant qu’elle l’était pour moi. C’était un moment très spécial.

[T.O.] Pouvez-vous fournir un conseil à ceux qui voudraient devenir mentors?

[Z.P.] Soyez patients, parce que la relation peut ne pas se développer dès le début. Il y a plusieurs petits pas à faire. Établir la confiance est essentiel, et cela peut prendre des mois ou même des années. Vous devez seulement laisser la relation se développer naturellement.

Pour en savoir plus sur ces programmes, consultez le site Web de  l’Agence Ometz.

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